Bénéficiaires d'un projet de résilience à l'Est du Tchad sur son impact

Beneficiaries of a resilience project in Eastern Chad on its impact

Depuis 2003, les conflits dans la sous-région (Darfour et République centrafricaine) ont entraîné la fuite d'un grand nombre de réfugiés vers le Tchad. Dans la majorité des cas, et particulièrement dans la région orientale où se trouvent la plupart des camps, les réfugiés peuvent représenter jusqu'à un tiers de la population totale. Cette situation facilite la coordination de l'acheminement de l'aide humanitaire mais limite souvent les possibilités d'autosuffisance de nombreux ménages de réfugiés. Face à la réduction des financements pour les situations humanitaires, il est de plus en plus important de mettre en œuvre des solutions plus responsabilisantes et durables pour les communautés et leurs environnements.

Avec un financement du Programme alimentaire mondial (PAM), l'AIRD a soutenu les communautés d'accueil et de réfugiés vulnérables dans la mise en place d'infrastructures pour renforcer leur résilience face à l'insécurité alimentaire qui est un défi majeur dans cette région. Cela impliquait d'entreprendre des activités de gestion des ressources naturelles telles que; construction de déversoirs d'épandage (barrières/murs) et construction de puits améliorés. Une assistance supplémentaire par le biais de transferts d'espèces et d'articles non alimentaires (matériels de travail) aux communautés a assuré la mise en œuvre des activités par les communautés grâce à la fourniture de main-d'œuvre non qualifiée.

Le projet a changé des vies dans la région de Guereda, en autonomisant de nombreuses familles, et en particulier des femmes, dans sa mise en œuvre. Les bénéficiaires de ce projet comprenaient 1 196 ménages issus à la fois des communautés de réfugiés (50%) et de la population hôte (50%) autour de Ouadi Ouba et de la vallée de la Natika. Sont également inclus des groupes et des associations d'agro-éleveurs.

Ci-dessous, nous entendons quelques-uns des bénéficiaires de ce projet pour comprendre l'impact que ce projet a eu sur leur vie :

Je viens du Soudan et plus précisément du village de Fachir. Comme la majorité voire la totalité des réfugiés soudanais du camp de Milé, c'est la guerre et l'insécurité implacable dans notre pays qui m'ont poussé à fuir au Tchad. Je ne suis arrivé ici au Tchad qu'en 2010, j'ai donc passé 11 ans au camp de Milé.

J'ai été parmi les premiers à m'impliquer dès le départ. Je suis la présidente des jeunes du camp Mile et membre du bureau pour la cohabitation pacifique avec la communauté locale. Le premier jour où l'Office Manager de l'AIRD est venu nous présenter ce projet, c'est moi qui l'ai accueilli. C'est-à-dire que j'ai fait toute la sensibilisation avec eux. Ce projet nous a permis de sortir de la précarité causée avant tout par la suspension des distributions alimentaires du PAM.

Je suis impliqué dans ce projet depuis le début. Mais, pour les activités elles-mêmes, j'ai travaillé comme superviseur dans la construction de certaines infrastructures. Ce projet AIRD Resilience a vraiment changé nos vies. Nous avons bénéficié de la distribution Cash for Work qui nous a permis de faire une petite économie pour acheter des vêtements pour les enfants et surtout de la nourriture. En tant que membre du comité pour la cohabitation pacifique, ce projet a également permis aux autochtones et aux réfugiés de travailler ensemble. Nous encourageons la continuité des activités du projet AIRD Résilience. MOUBARAK , époux et père de cinq enfants

Je viens du village de Kebkebé au Soudan, je suis arrivé au Tchad en tant que réfugié dans le camp de Milé en 2004. J'ai fui la guerre et plus particulièrement la guerre du Darfour.

J'ai entendu parler de ce projet par mon mari qui a assisté à la sensibilisation faite par les ONG. J'ai travaillé dans ce projet en tant que formatrice dans le cadre de la construction de foyers améliorés au camp de Milé. Pour l'impact, j'ai reçu beaucoup d'argent pour le travail et cela m'a permis d'accomplir beaucoup de choses. Par exemple, cet argent distribué dans le cadre des activités de résilience de l'AIRD nous a permis d'économiser pour les travaux de terrain et l'éducation des enfants.FaïGA, épouse et mère de huit (8)

Je suis un Autochtone, du village de Natika. Avant ce projet, nous vivions dans une situation vulnérable, sans aucune activité en dehors des récoltes saisonnières. Notre passe-temps quotidien était de jouer aux échecs. Heureusement, ce projet nous a sorti de ce pétrin. J'ai entendu parler de ce projet lorsque le responsable de l'AIRD (Directeur Pays) est venu nous rencontrer à Natika. Il nous a parlé des bénéfices de ce projet pour notre communauté et comment ils veulent réaliser ce projet avec le soutien de tous. J'ai travaillé en tant que superviseur à Natika à travers des activités de diguette de pierre. Par la suite, j'ai été transféré aux activités de seuil d'épandage de Koursigué où j'ai continué à travailler dans le concassage et le ramassage des gravats.

Sérieusement, ce projet m'a sauvé, j'étais dans une situation de pauvreté et cet argent reçu m'a permis d'acheter plusieurs matériels, des manuels scolaires pour enfants et surtout l'achat de bétail. On ose croire que ce projet AIRD va se poursuivre ! MAHAMAT, époux et père de huit (8) enfants

Je viens du village d'Amgamara au Soudan. Je suis arrivé au Tchad en tant que réfugié en 2004, l'année où la guerre a commencé au Darfour. Quant à notre vie avant ce projet, je peux dire que c'était un peu compliqué, nous étions pratiquement sans aide, par rapport aux années précédentes où le PAM nous distribuait de la nourriture. J'ai été impliqué dès le début des activités dans la construction des seuils. J'ai travaillé comme ouvrier pour ramasser des décombres et transporter de l'eau. Pour ma part, je ressens l'impact de ce projet dans mon quotidien. L'argent de distribution que j'ai reçu m'a permis de régler beaucoup de situations. J'ai pu commencer à trader avec cet argent. Il faut aussi noter que la construction de diguettes en pierre a eu un impact positif sur de nombreuses familles qui ont eu la chance de bénéficier de ces atouts dans leurs champs. J'aimerais bien en avoir dans mon domaine. FATIMÉ, épouse et mère de six (6) enfants.